Mauvezin
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Altitude : 513 m.
Superficie : 985 ha. Population : Saint patron : Sobriquet : Dicton : |
Historique administratif : Sénéchaussée de Toulouse. Pays de Nébouzan. Viguerie de Mauvezin. Canton de Lannemezan depuis 1790. |
Prononciation locale figurée : [mawbé’zi]
Dénominations historiques :
in castro nomine Malovicino, latin (1083, Cartulaires Bigorre).1
en Auger de Mauvesinc (1189, Actes Bonnefont).
de Malvezino, latin (1256, Trésor des chartes).
super castrum meum de Malvezi de Bigorra, latin et gascon (1256, Contrat mariage Esquivat).
Mau Vesin (1429, Censier Bigorre).
Mauvoisin (1731, Registres paroissiaux).
Mauvezin en Nebousan (1740, ibid.).
Mauvesin (fin 18°s. Carte de Cassini).
Hypothèses précédentes :
- Dauzat et Rostaing (DENLF) : latin mala vicina (= mauvais quartier), au masculin, malum vicinum.
- Abbé Nègre (TGF 26883) : Du gascon mau (= mauvais) et vesin (= voisin). Pour désigner un village qui sait se défendre contre les autres.
Discussion :
Le texte de Dauzat est incompréhensible. Il est donc inutile de chercher des complications. C’est évidemment “mauvais voisin”. Encore une appellation féodale “dissuasive” : Le village de Mauvezin est dominé par un château qui a appartenu à Gaston Fébus.
Etymologie :
Du gascon mau (= mauvais, méchant) et vesin (= voisin).
Nom occitan :
Mauvesin.
Hameaux et quartiers principaux (noms occitans) :
Era Sèrra, eras Correjas.
Nombreuses attestations de cette forme latinisée en 1232, 1259, 1284, 1285, 1292, 1300, 1313, 1342, etc.






Bonjour, j’ai vu le châeau de Mauvesin à Gerde au JT de TF1 le 8/5/12 à 13H.
J’ai tout de suite reconnu un château à motte, du type « shell-keep » (particulièrement étudié par les Anglais qui lui ont donné son nom!). L’ « emmottement » est particulièrement visible su les vues de la télé!
Je me réjouis d’aller le voir! En attendant, je vous envoie un article que j’ai fait sur le sujet de l’emmottement et reste votre disposition,
Jean-François MARECHAL
Historien, correspondant de l’Académie de Nîmes et de la Soc. Nat. des Antiq. de France (Paris),
17, rue Jenner,
Hall 04,
75013 Paris.
Tél.: +33 (0)1 80 06 02 47
Mobile: +33 (0)6 80 60 70 49
Fax: +33 (0)9 55 26 48 09
Skype: rasquinet2
et
22 ter, av. Hector Berlioz,
30320 Nîmes- Marguerittes.
Tél.: +33 (0)9 50 26 48 09
Mobile: +33 (0)6 80 60 70 49
Fax: +33 (0)9 55 26 48 09
http://www.archeophile.com/rw-bibliographie-marechal.htm
MOTTE ET DONJON: UNE GENESE CONJOINTE
par Jean-François Maréchal
International Medieval Meeting Lleida
28th of June and 1st of July 2011
(résumé)
Les “mottes féodales” (dites aussi castrales) sont des buttes de terre
artificielles sur lesquelles on peut encore parfois voir une tour ou
donjon ou un véritabable château fort construit par la suite (Fig.1 et
1bis), quand elles nʼont pas tout perdu. Elles sont de dimensions
variables (de 3 m de haut à 30 m au maximum et de 30 à 90 m de
diamètre à la base) en fonction de lʼ importance du seigneur qui lʼa fait
construire. Entourées dʼun fossé et implantées dans une enceinte
également fossoyée, appelée “basse-cour” ou “bayle”, elles ont servi
de moyen de défense de la fin du Xème siècle jusquʼau XIIIème et
préfigurent le château fort par la présence à leur sommet de cette tour à
deux ou trois étages, dʼune “chemise” entourant cette dernière sur la
plate-forme, et dʼune passerelle amovible, futur pont-levis, les reliant,
par-dessus le fossé, à la basse-cour. Selon les chroniques de
lʼépoque, le seigneur y résidait, alors que son fermier occupait cette
cour qui souvent correspondait à une ancienne “curtis” carolingienne.
On les trouve partout en Europe, même méditerranéenne, et, pendant
environ trois siècles, elles ont été la forme de château la plus courante.
Et dans le sud de la France et de lʼEurope, il y en a plus quʼon ne le
croit, même en Sicile ou en Calabre, construites par les Normands!
Longtemps, et encore maintenant, les mottes ont été considérées
comme servant de support élevé à des tours de guet plus ou moins
fortifiées et même comme des défenses plus symboliques quʼefficaces
(Fig. 2)! Cʼest ignorer leur fonction militaire primordiale. En effet, ces
buttes de terre auraient-elles pu supporter de telles constructions
massives de pierre ou de bois sans que celles-ci ne se fussent mises à
pencher comme la célèbre tour de Pise? Lʼexplication présentée ici
conteste cette vision simpliste et pourtant répandue du donjon “sur
motte” pour redéfinir la motte: celle-ci ne peut, en réalité, quʼêtre un
“emmottement” ou talutage, comme on le voit sur la Tapisserie de
Bayeux, dʼune tour édifiée sur le sol plan pour préserver ses murs des
attaques de bélier, de la sape ou du minage et de lʼapproche des
beffrois roulants. La terre fraichement rapportée dʼune telle butte aurait
dû, dans le cas de lʼédification du donjon sur la motte, normalement
attendre environ cinquante ans pour être suffisamment tassée et
pouvoir supporter une telle masse… En conséquence, nous tenons là
lʼorigine du donjon: la terre des fossés rejetée contre les murs a obligé
à surélever lʼhabitation qui est ainsi devenue une tour à étages, comme
à Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire), où des fouilles ont révélé un tel
processus confirmant celui de la célèbreTapisserie (Fig. 3)!
Souvent, dans nos campagnes et même dans les vieux villages au
parcellaire circulaire (construits autour de la motte qui était toujours
ronde), la terre de la motte a disparu, surtout dans les régions
méditerranéennes, ayant été récupérée par les paysans ou enlevée
pour les besoins de l’urbanisation. Il ne reste plus alors qu’une tour
isolée, avec entrée originelle au premier étage, témoignant qu’il y avait
bien une motte et un fossé nécessitant une passerelle et cette porte
haute (une porte au niveau du sol plan a souvent été aménagée après
cet arasement, ce qui peut être trompeur). Maints bourgs ou même
villes ont conservé ces tours qui étaient à lʼorigine “emmottées” et ont
perdu leur talutage ou “fruit” de terre. Ainsi, pour citer un cas précis, la
belle Tour César (datée 1115-1130), à Beaugency (Loiret) dont la motte
a été déblayée en 1837 et qui est une des tours maîresses romanes
françaises les plus représentatives (36 m de haut et 3, 50 m dʼépaisseur
de mur). Dʼautres exemples existent précisément dans le Midi, comme
la “Tour Bonne” à Marguerittes (Gard), ou à Sanilhac (Gard) où le
donjon est resté encastré dans la château du XVIIème siècle. Les
mottes, en effet, ne se trouvent pas seulement dans le nord, mais aussi
dans le sud de la France! La Grande-Motte (Hérault) en est un bel
exemple (“Le Moutas” en provençal). Tout près, à Mauguio
(anciennement Melgueil), au centre du village se dresse encore une
imposante motte d’une douzaine de mètres de hauteur, résidence dʼun
des plus puissants comtes du Languedoc. A Gignac (Hérault) ou à
Bellegarde (Gard) se trouvent également des mottes de hauteur
impressionnante qui confortent un épais et haut donjon dont la fonction
militaire défensive est évidente. Ces mottes sont aussi importantes que
celle de Gisors, ayant appartenu aux ducs de Normandie et défendu la
frontière entre la Normandie naissante et le Vexin français.
Ces “donjons à motte” (et non plus sur motte!) représentent-ils, comme
on le croit encore généralement, un phénomène de défense paysanne
spontanée contre les invasions nombreuses et persistantes à cette
époque? Ne sont-ils pas plutôt de vrais fortins, comme ces “Terpen”
frisons, en tous points identiques aux mottes dont ils seraient
lʼarchétype, qui auraient été conçus, dès avant lʼère chétienne, pour
lutter à la fois contre les assauts de la mer et ceux des pirates aux
Pays-Bas et au nord-ouest de lʼAllemagne? Et nʼauraient-ils pas pu
ensuite être copiés et perfectionnés par ces pirates et conquérants du
nord quʼont été les Vikings, leurs voisins, qui les ont envahis en premier
lieu? Ceux-ci, ainsi que les Normands, ne sont-ils sont allés partout en
Europe et nʼauraient-ils pas pu ainsi diffuser ce nouveau mode de
fortification tellement rapide et efficace quʼil aurait été ensuite adopté
dans les pays envahis et largement utilisé dans le cadre des guerres
féodales? En dehors de cette explication, il nʼy a pas dʼautre “vecteur”
possible à cette diffusion soudaine et générale de la motte en Europe! Il
y a bien, certes, des centaines de mottes au Danemark, mais beaucoup
moins en Suède et très peu en Norvège, où on les confondrait encore
avec les tumulus, et, en lʼétat actuel de recherches très peu avancées,
elles seraient postérieures à lʼAn Mil. Mais cette datation cincern seulent
quelques exemplaires et est, de plus, basée uniquement sur la
typologie de la poterie avec une marge dʼerreur reconnue de cinquante
à cent ans qui fait qʼelles pourraient être bien plus anciennes.
Dʼautre part, les toponymes comme La Haie, Le Plessis, LʼEpine, Le
Buisson rond ne seraient-ils pas en relation avec la présence d’une
motte et de son donjon, comme souvent en Normandie ou en Flandre?
Ces renvois « botaniques » se rapportent aux haies d’épineux « plessés »
(entrecroisés) qui constituaient dans lʼAntiquité et au Moyen Age un
rempart végétal très efficace. De nos jours, les camps mlitaires ne se
conçoivent pas sans être cernés par de fils de fer barbelés. Au Moyen
Age et chez les Gaulois (cf. César et Stabon décrivant les fortifications
des Nerviens), les arbustes épineux et les haies remplissaient ce rôle
indispensable. On les faisait pousser en les entrecroisant sur des
mètres d’épaisseur et de hauteur, jusquʼà constituer des barrières
infranchissables et même, à lʼépoqie féodale, des frontières ou
“marches séparantes, comme la Haie de Nangis, à la limite du Comté
de Champagne et du domaine royal, ou encore des défenses de villes,
comme à Ypres, en Flandre, où un rempart de pierre les remplaça au
XIVème siècle seulement. Les mottes féodales étant par définition
toujours constituées par de la terre végétale rapportée et donc propice
à leur plantation, les versants des mottes et des terpen nʼauraient-ils pas
été plantés d’épineux? Ces haies étaient à ce point courantes que dans
lʼédit de Pitres de 864, le terme de “haia” figure à côté de ceux de
“castellum” et de “firmitas” pour désigner les fortifications interdites par le
roi Charles le Chauve. Et La Haye, la capitale des Pays-Bas, nʼa-t-elle
pas été à lʼorigine un “Terp” protégé par des épineux? Leur fonction
militaire nʼen est-elle pas accrue, surtout pour ces terpen que les
archéologues néerlandais, méconnaissant cette utilisation de ces
arbustes, considèrent comme une forme dʼhabitat surélevé uniquement
contre la montée des eaux.
Le donjon à motte forme donc l’archétype du château fort. Il est le
maillon manquant entre lʼenceinte et la curtis fossoyées et palissadées
carolingiennes et ce château fort (Fig. 3). Dans la motte, se trouvait une
cave, servant de glacière et de magasin de provisions et d’armes,
souvent avec puits et souterrain! Ainsi, nous sommes en présence
d’une sorte de « fort » qui est un véritable chef d’oeuvre dʼart militaire qui
sʼinscrit parfaitement dans lʼévolution architecturale des enceintes
circulaires nordiques ou quadrilatérales de tradition celtique (les
“Viereckschannzen”) ou romaine vers un rétrécissement et
renforcement du périmètre de défense, à cause des invasions puis des
guerres féodales, et la constitution de châteaux forts. Aux XIème et
XIIème siècles, toutes les fortifications seigneuriales sont des châteaux
à motte qui forment une transition. Ce fut un phénomème européen très
important qui reste méconnu! Toute l’Europe se hérissa de ces tours
isolées « emmottées »…
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